mercredi 25 novembre 2009

Accumulation 2


Toi aussi t'en veux du durable ? (t'as vu c'est pas forcément la porte à côté)

Alors si c'est quand même oui écris à Simone en récitant de mémoire le mot de passe suivant : "T'enlèves l'encre du stylo à encre et tu fous du yaourt, ça te fait un stylo à yaourt... pour le même prix." (Jean-Marie Gourio - Brèves de comptoir)

Si non et bien console-toi, par exemple en écoutant un peu de musique. Par exemple.

mardi 24 novembre 2009

Accumulation 1

Coucou chérie. Tu as peut-être déjà vu comment ça se passe dans les industries de couture. Peut-être même l'as-tu vécu. Ou imaginé. Et bien c'est pas du tout comme ça que Simone travaille.


Simone, l'annonceur qui tient ses promesses.

Pour le mot de passe, encore un tout petit peu de patience... t'en es capable, on t'a déjà vu faire.

samedi 21 novembre 2009

Réalités

Chérie.
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Bientôt, bientôt. C'est promis. On te montrera tout ce qui n'est pas encore fini avant l'expo des 27 et 28 novembre. C'est la première fois. Simone a un peu les jetons. Ca se passera chez quelqu'un. Le mot de passe te sera communiqué au dernier moment. Bisous.

lundi 16 novembre 2009

Rien que pour tes yeux

La maison du tapis
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..... "Allumé éteint, allumé éteint, dans la ville enneigée LA MAISON DU TAPIS en enseigne clignote. Comme ceci : LA MAISON DU TAPIS - allumé. Eteint. Cela se passe dans le Montana, par une nuit de novembre ; les rues sont désertes. Personne n'a envie d'être pris dans le blizzard. La voiture est peu nombreuse, intermittente, aussi rare qu'un vieux timbre postal. La neige tourbillonne tout autour de l'enseigne. Le magasin est fermé, ça ne fait rien : achetez-moi des tapis, voilà ce que veut le pannonceau.
..... Les tapis ? Ils sont à l'intérieur. Mais la porte est fermée, et les marchands sont partis.
..... Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on a voulu que l'enseigne ainsi clignote en pleine nuit, alors qu'il n'y a personne pour les vendre, ces tapis. Alors voici : vous êtes en train de vous promener et pan ! vous voyez l'enseigne. Tiens, disons qu'il est minuit. Et que vous, l'enseigne, elle vous a tellement branlé que vous en voulez un tout de suite, de ces tapis. Eh bien, c'est pas possible : parce que LA MAISON DU TAPIS, eh bien, mais c'est FER-ME !
..... Même que par une saloperie de nuit comme celle-ci, avec le froid qu'il fait et puis aussi la neige qui tombe, rien qu'à voir l'enseigne, vous pourriez avoir envie de vous en acheter un -rien que pour vous y enrouler, pour être enfin bien au chaud.
..... Sauf que non : pas question !"

Richard Brautigan - Tokyo Montana express


Blouse longue à poches bouffantes

Jacquard de soie broché et inscrustations velours,

épais comme une tapisserie, couleurs somptueuses.

Oui chérie, tranquillise-toi, c'est de la récup' que Simone a arraché des mains des poubelles de chez K., honorable maison japonaise qui fait volontiers dans le genre riche.

Avoue que ça habille.

vendredi 13 novembre 2009

Inspiration, respiration

Plume déjeunait au restaurant, quand le maître d'hôtel s'approcha, le regarda sévèrement et lui dit d'une voix basse et mystérieuse : "Ce que vous avez là dans votre assiette ne figure pas sur la carte."
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Henri Michaux - Plume au restaurant
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Prototype de vêtement à 4 bras.

Drap de lin ancien, épais et durable,
teint dans une couleur indéfinissable.

Elle est contente. Simone aussi, tu parles. Plus qu'à se remettre de toutes ces émotions, maintenant. Allez, à la tienne.

mercredi 11 novembre 2009

Complément d'objet indirect

Autres couleurs, autres images aussi parce que le point de vue de l'artiste est important.

Aragon, fichu de cou pour circonstances exceptionnelles.

(dîner chez l'Ambassadeur, entretien important, voyage en climat froid et humide, toute réception ou vernissage)

(Au départ, c'était pas prévu comme ça. Simone avait juste demandé à Clotho sa version du Nicolas de Staël que t'as vu contre autre chose - qu'on devrait bien finir par te montrer. Le fichu, c'est un peu comme tu dirais un cadeau bonux mais en mieux, donc.)

(Non, c'est pas facile de parler du travail des autres. Pas facile et puis on se dit que parfois une bonne larme serait bien aussi efficace. Enfin l'émotion, quoi.)

dimanche 8 novembre 2009

Sujet, verbe

Ah chérie, tu croyais avoir tout vu, t'étais justement en train de te demander ce qui pouvait encore, aujourd'hui, t'émouvoir ?
Viens par là.
T'es prévenue : ça va secouer un peu. Accroche-toi à ton coeur-croisé.
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Harmonie rouge, bleue et noire. Nicolas de Staël, 1951
(musée Cantini, Marseille)
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Echarpe de contrebande, dit-elle.

Du sous-Nicolas de Staël bricolé dans une cave mal éclairée. Possible. Il n'en reste pas moins que des fils impalpables de la conversation, la dame s'est approprié l'essentiel nouveau, du travail encore : le vêtement. De la matière si fine qu'on croirait fragile, et pourtant pas tant que ça, chérie, pas tant que ça.
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Reconnais que ça habille sa Simone. (et c'est pas facile tous les jours, tu sais)
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Donc si tu connaissais pas la dame Clothogancho, tu diras plus pareil en repartant.
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Et c'est pas fini, de l'arachnéen tu en verras d'autre et percevras l'indicible au travers du maillage comme une reprise, un grillage. Bientôt. De ce langage-là on a été comblée, récemment. Alors forcément, tu t'en doutes bien : ça nous la coupe un peu.

vendredi 6 novembre 2009

Joue avec Simone (2)

"En gros, la poésie, tu fais rimer BOUCHON avec COCHON et PASTIS avec... euh... un autre apéro tu t'en fous... enfin pour dire que c'est pas trop sorcier, la poésie..."

Donc chérie.
Sur 159 (160 moins deux effacés plus un mot compte double) tu as 4 mots français, 17 mots phonétiquement existants, 32 mots qui rappellent un autre mot ou une expression ou du Javanais (subjectif), 21 mots qui ressemblent à un nom de médicament ou groupe de rock. 6 mots uniquement rigolos ou ridicules ou kitsch.
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Le reste, on ne sait pas trop où mettre, des choses comme anderf par exemple ou klychl, on réfléchit, ça pourrait peut-être avoir de l'allure, sur quelqu'un de grand ou alors en broche.
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Une fleur à la boutonnière. "C'est un ablegm" tu dirais, une flûte à la main chez l'Ambassadeur.
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Genre Chloé qui drague à la patinoire.
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Ou comme idée de prénom pour ton chat : hertwgu.
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Y en a plein. Tu reviendras voir, de temps en temps on te montrera, et tu sais pas, ça pourra même faire des cadeaux de Noël. Vu que c'est bientôt.

"Ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit."

Jean-Marie Gourio - Brèves de comptoir

lundi 2 novembre 2009

Prétexte *

Pire que le casino.

Même le jeu de Simone, à côté c'est de la petite bière. (Même si t'as pas encore tout vu, on est bien d'accord. Faudra revenir.)

La nouvelle addiction ici expérimentée, chérie, est encore pire que l'alcoolisme mondain.

Colourscape Chunky.
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Coloré à la main par un grand nom de la chose.

Bien sûr, comme toute drogue dure, ça s'achète. Tu pourrais râler un peu et dire que c'est pas de la récup, t'aurais raison. Mais bon. Une exception, c'est quoi.

* clic

vendredi 30 octobre 2009

Joue avec Simone (1)

"J'eus la confirmation, comme je m'y attendais, que j'avais pas mal perdu en vingt-cinq ans. Sur une pente dont la déclivité équivalait à celle, notablement faible, du tapis roulant de la station Châtelet dans la partie où elle mène au RER, je me sentis entraîné. Mon chasse-neige, tout comme la neige, du reste, dangereusement absente par endroits, ne tenait pas. Les jambes écartées, je sentais mes cuisses comme du bois, et j'avais le coeur qui sautait. J'éprouvais le besoin de réunir mes jambes, pour les déraidir, mais je ne pouvais le faire qu'en travers de la pente, faute de quoi j'y glissais. En temps normal, ça n'est pas très gênant, d'avoir peur de glisser, mais c'est ennuyeux pour le ski."

Christian Oster - Loin d'Odile

Coucou chérie, alors ça va ? (Attends avant de dire que t'as pas compris.)
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Dis donc, ça te dirait un petit jeu pas trop contraignant ?

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Alors c'est très simple. Mais d'abord, sache qu'il va falloir que tu passes par le confessionnal, oui oui oui. C'est comme ça. Ca fait partie du jeu.
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A cet endroit, tu as dû remarquer que l'on te demande de recopier un mot de passe pour avoir le droit de t'exprimer. Et il arrive, mais pas toujours, que tu tombes sur un mot qui prête à rire. Des fois il est vraiment bizarre. Dans tous les cas ce mot intéresse Simone.
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Alors tu vas juste écrire le mot dans la case du commentaire et le valider. C'est tout.
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Le jeu c'est que plus tu souscris, plus tu peux gagner gros. Parce que beaucoup de mots ça fait une grande phrase et les grandes phrases font les gros discours. Parfaitement.
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Et ensuite et bien Simone te montrera ce que ça peut donner, la phrase en question, après transformation des matériaux selon l'inspiration qui en découlera.
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Bien sûr, tu peux rester anonyme si ça t'arrange, ou assumer ton identité habituelle sans honte. Avancer à visage découvert peut procurer certain frisson dans la vie. Tu verras, tu le regretteras pas.

mardi 27 octobre 2009

Madem'Oiselle

....."Toutes les nuits Colonello, Secrétario et Jesaitout venaient le voir, ils examinaient l'oeuf pour vérifier si ce que Colonello appelait "les progrès espérés" se manifestait, mais après avoir constaté que l'oeuf était le même qu'au premier jour, ils changeaient de sujet.
.....Jesaitout ne cessait de regretter que son encyclopédie n'indique pas la durée exacte de l'incubation et que la donnée la plus précise qu'il avait réussi à trouver dans ses gros livres était que cela pouvait durer entre 17 et 30 jours, selon les caractéristiques de l'espèce à laquelle appartenait la mère."
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Luis Sepulveda - Histoire d'une mouette
et du chat qui lui apprit à voler
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Fil à tricoter et ruban (Emmaüs), tissu de chemisier (coll. personnelle), boutons de famille. Le tout, taille 6 mois.

jeudi 22 octobre 2009

Délicatesse

"J'aime de moins en moins les anniversaires, surtout le mien. Je n'ai pas besoin de cadeau, j'ai tout et je n'arrive pas à dire "Quelle bonne idée !" à celui qui a eu une mauvaise idée. Mon tiroir déborde de cravates que je ne mettrai jamais. J'aimerais que tout le monde parte, j'ai envie d'aller me coucher. Je n'aime pas les gâteaux, le champagne est tiède et j'ai peur des compliments."

Jean-Louis Fournier - Mon dernier cheveu noir

Alpaga double fil non teint, boutons d'homme.

dimanche 18 octobre 2009

Blonde paresseuse

Coucou chérie. Au risque de nous répéter.

C'est ça, y en a une deuxième. Soie et mohair salade verte, un petit reste, précieux et doux, prix inhumain. Faut pas gâcher. (Et débardeur de la collec à Simone en mohair bouclé de Be Sweet dark blue plum, fin comme des cheveux, à se rouler par terre mais bon ça suffit.)

Broche anémone améliorée, modèle luxe, perles anciennes et bouton has-been.

Alors dis voir, t'aimes ?

vendredi 16 octobre 2009

Mire

Coucou chérie. Nous Simone ayant récemment touché du doigt ce qui se fait de plus mode en matière de grippe, te présentons néanmoins nos excuses pour si tu trouves l'image un peu fixe ces temps-ci. C'est pas voulu.

Voilà, voilà.

Du reste, et tu t'en doutes bien, on ne fabrique pas grand chose d'autre que des anticorps en ce moment. (Et c'est déjà pas mal, oui oui oui.)

Mais quand même, parce que c'est toi, on te laisse pas sans rien.

Absolument.

C'est la dernière. Elle a un peu gelé ce matin. Tu nous en voudras pas.

dimanche 11 octobre 2009

Veilleuse

"Ralentie, on tâte le pouls des choses ; on y ronfle ; on a tout le temps ; tranquillement, toute la vie. On gobe les sons, on les gobe tranquillement ; toute la vie. On vit dans son soulier. On y fait le ménage. On n'a plus besoin de se serrer. On a tout le temps. On déguste. On rit dans son poing. On ne croit plus qu'on sait. On n'a plus besoin de compter. On est heureuse en buvant ; on est heureuse en ne buvant pas. On fait la perle. On est, on a la temps. On est la ralentie. On est sortie des courants d'air. On a le sourire du sabot. On n'est plus fatiguée. On n'est plus touchée. On a des genoux au bout des pieds.
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On a son creux ailleurs.
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On a cédé sa place à l'ombre, par fatigue, par goût du rond. On entend au loin la rumeur de l'Asclépiade, la fleur géante.
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... ou bien une voix vient soudain vous bramer au coeur.
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On recueille ses disparus, venez, venez.
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On n'est plus pressée de savoir.
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Enfin chez soi, dans le pur, atteinte du dard de la douceur."
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Henri Michaux - Plume
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Broche vaguement anémone, en mohair et soie, bouton démodé.
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